Ça fait parti ou partie du problème : quand utiliser chaque forme ?

La graphie « ça fait parti » apparaît régulièrement dans les e-mails, les posts sur les réseaux sociaux et même dans des documents professionnels. L’erreur vient d’une confusion entre deux mots homophones : le nom féminin « partie » et le nom masculin « parti ». Comprendre la nature grammaticale de chacun suffit à trancher définitivement.

Partie ou parti : deux noms, deux genres, deux sens

« Partie » et « parti » se prononcent de la même façon, mais ils n’appartiennent pas au même genre grammatical et ne désignent pas la même chose.

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Le nom féminin « une partie » désigne un élément constitutif d’un ensemble, un morceau d’un tout. On le retrouve dans des expressions comme « une partie de la classe », « en grande partie » ou « pour partie ».

Le nom masculin « un parti » renvoie à une organisation politique (le parti socialiste, un parti d’opposition) ou à une décision, un choix (prendre un parti, le parti pris). Il ne contient aucune idée de fraction ou d’appartenance à un groupe.

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Cette distinction de genre explique directement l’orthographe de la locution « faire partie de » : le mot qui suit « faire » est bien le nom féminin « partie », avec un -e final.

Locution « faire partie de » : pourquoi le -e ne disparaît jamais

Dans « faire partie de », le mot « partie » fonctionne comme un nom autonome, noyau du groupe nominal. Il ne s’agit pas du participe passé du verbe « partir » (qui, lui, s’écrit « parti » au masculin et « partie » au féminin selon le sujet). La locution se comporte syntaxiquement comme « être membre de » ou « appartenir à ».

Homme relisant un texte sur son ordinateur portable dans un café parisien pour corriger une faute d'orthographe

Puisque « partie » est ici un nom féminin invariable dans la locution, il conserve son -e quel que soit le sujet de la phrase :

  • « Ce problème fait partie des priorités. » – sujet masculin singulier, « partie » reste avec un -e.
  • « Ces questions font partie du programme. » – sujet féminin pluriel, « partie » ne change toujours pas.
  • « Ça fait partie du jeu. » – pronom neutre, « partie » garde son -e.

La forme « ça fait parti » n’existe dans aucun contexte grammatical valide en français. On écrit toujours « faire partie de », sans exception.

L’homophonie avec « il est parti » : la vraie source de l’erreur

La confusion est renforcée par le participe passé du verbe « partir ». « Il est parti » s’apprend très tôt à l’école et s’ancre solidement dans la mémoire. Quand le cerveau entend /paʁti/, il restitue spontanément la graphie sans -e, celle du participe passé masculin.

Le problème, c’est que la valeur nominale de « partie » (un morceau d’un ensemble) est maîtrisée plus tardivement et de façon moins explicite dans l’apprentissage du français. Des enseignants de grammaire et de FLE recommandent de rattacher « faire partie de » à la famille lexicale de « la partie » plutôt qu’au verbe « partir » pour stabiliser l’orthographe.

Autrement dit, quand vous écrivez « faire partie de », pensez à « une partie de cartes », « la partie adverse », « en partie » – tous ces emplois du nom féminin « partie ». Le lien mental avec le verbe « partir » est le piège à éviter.

Expressions avec « parti » et expressions avec « partie » : tableau récapitulatif

L’OQLF (Office québécois de la langue française) classe les expressions formées avec ces deux mots en distinguant systématiquement le genre. Voici les principales locutions et leur orthographe correcte :

Expressions avec « partie » (nom féminin) Expressions avec « parti » (nom masculin)
Faire partie de Prendre parti
En grande partie Tirer parti de
Pour partie Parti pris
Prendre à partie Un parti politique
Avoir partie liée avec Le parti de quelqu’un

La logique est régulière : dès que le sens porte sur un morceau, un élément d’un ensemble, ou un adversaire dans un conflit juridique, c’est « partie ». Dès que le sens porte sur un choix, une résolution ou une organisation politique, c’est « parti ».

Tirer parti ou tirer partie : la deuxième confusion fréquente

L’expression « tirer parti de » (exploiter au mieux une situation) s’écrit sans -e. Ici, « parti » a le sens d’un avantage, d’un bénéfice qu’on retire d’une situation. C’est le nom masculin.

Écrire « tirer partie de » est une erreur symétrique à « faire parti de ». Le sens guide l’orthographe : « tirer parti » = extraire un avantage (masculin) ; « faire partie » = constituer un élément d’un ensemble (féminin).

Pour ne pas mélanger les deux, une vérification rapide fonctionne : remplacez le mot par son sens. « Ça fait [un élément] du problème » appelle « partie ». « Il faut tirer [un avantage] de cette situation » appelle « parti ».

Deux étudiants discutant d'une règle de grammaire française sur une fiche imprimée dans une bibliothèque universitaire

Méthode de vérification rapide pour l’orthographe de parti et partie

Trois réflexes permettent de ne plus hésiter :

  • Identifier le sens : appartenance à un ensemble ou morceau d’un tout → « partie » (féminin, avec -e). Choix, décision, organisation politique → « parti » (masculin, sans -e).
  • Tester avec un déterminant : si « une » ou « la » fonctionne devant le mot dans un autre contexte (« une partie de l’équipe »), c’est le nom féminin. Si « un » ou « le » fonctionne (« un parti politique »), c’est le masculin.
  • Écarter le verbe « partir » : « faire partie de » n’a aucun lien avec le verbe « partir ». Ce réflexe coupe la confusion à la racine.

La graphie « ça fait parti du problème » repose sur une association erronée avec le participe passé de « partir ». La forme correcte reste « ça fait partie du problème », avec le nom féminin « partie » qui désigne un élément d’un tout. La seule question utile face à l’hésitation : parle-t-on d’un morceau d’ensemble ou d’un choix politique ? La réponse donne la lettre finale.

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