En 2023, la région Grand Est marque une rupture : elle bondit en tête des progressions de puissance photovoltaïque raccordée, dépassant l’Occitanie pour la première fois. Le boom du solaire s’accélère là où on ne l’attendait pas, sur des territoires longtemps absents des palmarès nationaux des énergies vertes. À quelques kilomètres de Metz, d’anciennes friches de Moselle arborent désormais des centrales qui tiennent tête aux grands sites du Midi. Ce sont ces paysages nouveaux qui dessinent, dès à présent, la France énergétique de demain.
Transition énergétique en France : comprendre les enjeux et les chiffres clés des énergies renouvelables
La transition énergétique française ne relève plus du simple discours. Elle prend corps à travers la loi pour la croissance verte, la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) et une myriade de dispositifs comme MaPrimeRénov’, Fonds Chaleur, Fonds Vert, FEDER, Certificats d’Économie d’Énergie (CEE), France Rénov’, Pacte Vert ou la loi d’accélération des renouvelables. Les objectifs sont affichés, sans détour : viser la neutralité carbone en 2050, porter la chaleur renouvelable à 38 % en 2030, et hisser le solaire à 100 GW installés d’ici 2035. En 2023, le cap est donné avec 23,26 TWh d’électricité solaire produite et 20,6 GW de capacité raccordée.
Dans ce contexte, la diversification technologique rebat les cartes. Voici comment se structure le paysage :
- photovoltaïque
- éolien
- hydroélectricité
- biomasse, méthanisation
- hydrogène vert
- solaire thermique
- pompes à chaleur
- réseaux intelligents, stockage et autoconsommation
Désormais, régions, collectivités, entreprises et particuliers prennent le leadership. Les coopératives citoyennes, par exemple, accélèrent l’appropriation des énergies renouvelables et multiplient les initiatives.
Mais cette dynamique ne va pas sans heurts. Les délais administratifs s’étirent, l’acceptation locale n’est pas acquise partout, la dépendance aux importations de panneaux soulève des questions, la formation de professionnels doit suivre et les financements restent à consolider. Sur le terrain, Sowat en Normandie montre à quel point la volonté collective d’ancrer le solaire dans le quotidien peut transformer la donne, tant pour les particuliers que pour les professionnels. La Banque des Territoires s’implique, les élus s’engagent, les citoyens innovent. Progressivement, la dynamique s’installe durablement.
Quels territoires accélèrent sur le solaire ? Focus sur les projets innovants et les zones d’accélération
L’Alsace et l’Occitanie, figures de proue de la transition énergétique hexagonale, imposent leur rythme. L’Alsace, intégrée au Grand Est, avance avec une feuille de route précise : viser 34 % d’énergies renouvelables en 2030 et la neutralité carbone vingt ans plus tard. Sur place, les initiatives foisonnent :
- centrale solaire de Reichstett
- réseau de chaleur biomasse à Sélestat
- hydroélectricité à Kembs
Ici, le photovoltaïque dépasse le simple cadre des toitures : il s’invite sur les anciennes friches, accompagne la rénovation énergétique des bâtiments, s’impose comme un outil de transformation territoriale.
En Occitanie, la visée est claire : devenir la première région à énergie positive d’Europe. Le Pacte Vert régional propulse le solaire photovoltaïque en duo avec l’éolien, l’hydrogène vert ou l’hydroélectricité. Les usines Lhyfe à Bessières ou Hyd’Occ à Port-la-Nouvelle incarnent cette volonté de faire de l’innovation une réalité ancrée dans le tissu local. Les ambitions régionales sont nettes : tripler la part d’énergies renouvelables, réduire de moitié la consommation d’énergie, et franchir un cap sur l’éolien flottant.
Dans ces régions, la montée en puissance s’explique par la mobilisation de tous les acteurs : collectivités locales, Banque des Territoires, dispositifs nationaux, et implication citoyenne. Les « zones d’accélération », issues des appels à manifestation d’intérêt, ciblent les sites les plus prometteurs :
- friches industrielles
- toitures publiques
- infrastructures logistiques
La cartographie de ces projets dévoile une France qui agit, qui structure sa souveraineté énergétique, territoire après territoire.
Collectivités locales et citoyens : quels bénéfices concrets du solaire pour les régions de demain ?
Les collectivités locales prennent le pouvoir sur leur avenir énergétique en investissant dans le photovoltaïque. Sur les toits d’écoles, de bâtiments publics ou au cœur des friches, les installations solaires deviennent des leviers puissants d’action locale. Les retombées se mesurent : création d’emplois de proximité, baisse des dépenses publiques, valorisation d’espaces longtemps sous-exploités. Grâce à des dispositifs comme MaPrimeRénov’, la prime à l’autoconsommation ou une TVA adaptée, l’accès aux équipements se démocratise et nourrit l’essor de projets collectifs.
Chez les particuliers, le photovoltaïque prend une dimension nouvelle. L’autoconsommation collective gagne du terrain : quartiers, immeubles, villages mutualisent leur production, allègent leur facture et contribuent à la réduction des émissions de CO2. Les coopératives citoyennes se structurent, animées par la volonté de reprendre la main sur l’énergie et de faire circuler la valeur au niveau local.
Les bénéfices s’élargissent aussi au secteur agricole et aux entreprises. L’agrivoltaïsme ouvre la voie à de nouveaux modèles. Voici les perspectives qui émergent :
- allier production alimentaire et électricité solaire
- diversifier les revenus des exploitants
- renforcer la sécurité face aux aléas climatiques
Parallèlement, les réseaux de chaleur alimentés par le solaire thermique accompagnent la décarbonation des usages collectifs et consolident la résilience des territoires.
Trois grands atouts structurent la dynamique solaire à l’échelle locale :
- Emplois locaux : installation, maintenance, ingénierie
- Autonomie énergétique : autoconsommation, stockage, réseaux intelligents
- Accompagnement financier : aides publiques, dispositifs incitatifs, fiscalité adaptée
Le solaire, moteur de souveraineté énergétique et d’innovation sociale, s’impose déjà comme l’un des piliers de la transformation des territoires français. Partout, sur les friches, sur les toits, dans les champs, il façonne une nouvelle réalité où chaque région trace sa propre trajectoire vers l’indépendance et la résilience.


