Jours fériés en mai : comment organiser la garde des enfants quand vous travaillez ?

En mai, la France compte jusqu’à quatre jours fériés selon les années : 1er mai, 8 mai, jeudi de l’Ascension et lundi de Pentecôte. Les écoles ferment systématiquement, mais le droit du travail ne suit pas le calendrier scolaire. Seul le 1er mai est obligatoirement chômé pour tous les salariés.

Les autres jours fériés de mai peuvent rester travaillés selon la convention collective ou les usages de l’entreprise. Ce décalage entre fermeture scolaire et obligation professionnelle crée un besoin de garde que les parents doivent anticiper, parfois semaine par semaine.

Jours fériés de mai et droit du travail : ce que dit réellement le Code du travail

Le Code du travail liste onze jours fériés légaux en France métropolitaine. Parmi eux, le 1er mai occupe une place à part : c’est le seul jour où le repos est imposé à la quasi-totalité des salariés, sauf dans les établissements où l’activité ne peut être interrompue (hôpitaux, transports). Dans ce cas, la rémunération est doublée.

Pour le 8 mai, l’Ascension ou le lundi de Pentecôte, la situation diffère. Ces jours peuvent être travaillés ou chômés selon ce que prévoit la convention collective applicable ou l’accord d’entreprise. Aucune majoration de salaire n’est automatique pour ces dates, contrairement à une idée répandue.

Concrètement, un parent peut très bien être tenu de travailler le 8 mai alors que l’école de son enfant est fermée. Ce décalage entre calendrier scolaire et calendrier professionnel est la source principale du casse-tête de la garde en mai.

Père télétravaillant pendant un jour férié en mai pendant que son enfant se dirige vers la garderie à distance

Garde d’enfants les jours fériés : les solutions qui fonctionnent vraiment

Les modes de garde habituels (crèche, garderie périscolaire, centre de loisirs) ferment souvent les jours fériés. Il faut alors se tourner vers des alternatives, en fonction de l’âge de l’enfant et du budget disponible.

Assistante maternelle et garde à domicile

Une assistante maternelle ou une nounou à domicile peut travailler un jour férié, à condition que cela soit prévu au contrat. Si le contrat ne mentionne pas ce jour comme travaillé, la salariée est en droit de refuser. Un jour férié chômé ne se déduit pas des congés payés : il est payé normalement si l’ancienneté dépasse trois mois, ou selon les termes de la convention collective applicable.

Si la garde est assurée un jour férié autre que le 1er mai, la rémunération reste identique à un jour ordinaire, sauf clause contractuelle plus favorable. Le 1er mai travaillé donne droit au double du salaire habituel.

Garde partagée ou entraide entre parents

Quand le recours à un professionnel est trop coûteux ou indisponible, l’entraide entre familles reste une option concrète. Deux ou trois familles du même quartier ou de la même école peuvent alterner la surveillance des enfants sur les différents jours fériés de mai.

Cette solution suppose un minimum d’organisation préalable :

  • Définir un planning précis pour chaque jour férié, avec les horaires de prise en charge et de récupération
  • Vérifier la couverture en responsabilité civile du foyer qui accueille les enfants
  • Prévoir un plan B si le parent prévu tombe malade ou a un imprévu professionnel

Congés et aménagements d’horaires : négocier avec son employeur en mai

Avant de chercher une solution de garde, il est utile de vérifier les marges de manoeuvre côté emploi. Plusieurs dispositifs permettent de réduire le besoin de garde.

Le congé pour enfant malade (articles L. 1225-61 du Code du travail) accorde trois jours par an, non rémunérés sauf convention collective plus favorable. Ce n’est pas conçu pour les jours fériés, mais certains parents l’utilisent en dernier recours lors d’un pont de mai.

Le télétravail, quand le poste le permet, est souvent la solution la plus souple. Travailler depuis le domicile un jour où l’école est fermée ne supprime pas le besoin de surveillance pour les jeunes enfants, mais simplifie la logistique pour les plus grands, capables de s’occuper quelques heures seuls.

Autres pistes à explorer avec l’employeur :

  • Poser un jour de RTT ou de congé payé sur le pont de l’Ascension, période où la productivité est souvent réduite
  • Demander un aménagement d’horaires temporaire (arrivée décalée, départ anticipé) pour couvrir les créneaux de garde
  • Vérifier si l’entreprise propose un dispositif de chèques emploi service universel (CESU) préfinancés, qui permettent de financer une garde ponctuelle à moindre coût

Calendrier de garde en cas de séparation : les jours fériés de mai

Pour les parents séparés, les jours fériés de mai ajoutent une couche de complexité au calendrier de garde. Le jugement fixant le droit de visite et d’hébergement prévoit généralement une alternance des jours fériés, mais pas toujours de manière détaillée.

Quand le jugement mentionne que les jours fériés sont partagés en alternance une année sur deux, le parent qui a l’enfant un jour férié donné une année paire l’a l’année impaire suivante. Si le jugement ne précise rien pour les ponts (par exemple le vendredi après l’Ascension), c’est le planning de résidence habituelle qui s’applique par défaut.

Un point de friction fréquent concerne le week-end de l’Ascension. Le jeudi férié suivi d’un vendredi « ponté » et du week-end crée un bloc de quatre jours que les deux parents souhaitent souvent récupérer. En l’absence de mention explicite dans le jugement, la médiation familiale permet de trouver un accord sans repasser devant le juge.

Grands-parents gardant leurs petits-enfants à la maison durant un jour férié en mai

Les jours fériés de mai concentrent sur un mois court l’ensemble des tensions entre calendrier scolaire, droit du travail et organisation familiale. Anticiper dès avril, en vérifiant son contrat de travail, le jugement de garde le cas échéant, et la disponibilité des solutions de garde habituelles, évite les situations de dernière minute où aucune option n’est satisfaisante. Un simple tableur partagé entre les deux parents, ou entre familles qui s’entraident, suffit souvent à transformer un mois compliqué en séquence gérable.

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