Le nombre de rakat à accomplir pour chaque prière est l’une des premières données que tout musulman apprend. Une rakat est une unité de prière composée d’une séquence fixe : récitation debout, inclination, prosternation double et position assise. Les cinq prières obligatoires quotidiennes – appelées salat – se distinguent les unes des autres notamment par ce nombre d’unités, qui reste constant quelle que soit la latitude ou la saison.
Tableau des rakat obligatoires pour chaque prière du jour
Chaque prière a un nombre de rakats fards (obligatoires) établi par la sunna du Prophète. Ces chiffres ne varient pas selon les écoles juridiques pour les prières ordinaires accomplie en résidence.
| Prière | Moment | Rakat obligatoires (fard) |
|---|---|---|
| Fajr | Aube | 2 |
| Dhuhr | Milieu du jour | 4 |
| Asr | Après-midi | 4 |
| Maghrib | Coucher du soleil | 3 |
| Isha | Nuit | 4 |
Le vendredi, la prière de Dhuhr est remplacée par la Joumou’a, qui comprend deux rakats précédées d’un sermon (khutba). Le décompte total des rakats obligatoires sur une journée ordinaire est donc de dix-sept.
Rakat surérogatoires : ne pas confondre avec le minimum obligatoire
En dehors des dix-sept rakats fards, la pratique prophétique inclut des prières volontaires appelées sunan rawatib. Ces rakats accompagnent les prières obligatoires, avant ou après, et leur accomplissement est fortement recommandé sans être impératif.
Une source pédagogique récente recense douze rakats volontaires quotidiennes associées aux cinq prières. Leur répartition habituelle est la suivante :
- Deux rakats avant Fajr : ce sont les sunan les plus fortement recommandées, que le Prophète n’abandonnait pas même en voyage.
- Quatre rakats avant Dhuhr et deux après : pratique courante dans l’école shafi’ite et malékite.
- Deux rakats après Maghrib et deux après Isha : complètent le total de douze.
Ces rakats surérogatoires ne doivent pas être intégrées dans le décompte minimum obligatoire. Quelqu’un qui accomplit uniquement les dix-sept rakats fards remplit son obligation religieuse.

Prière en voyage : raccourcissement des rakat selon les écoles
En voyage, les trois prières de quatre rakats peuvent être réduites à deux. Dhuhr, Asr et Isha passent chacune à deux rakats, tandis que Fajr reste à deux et Maghrib à trois. Ce raccourcissement s’appelle qasr.
Les conditions définissant le statut de voyageur et la durée de séjour admise varient selon les écoles juridiques. L’école hanafite, l’école malékite et l’école shafi’ite n’appliquent pas exactement les mêmes critères de distance minimale ni les mêmes règles de durée au-delà de laquelle le qasr cesse d’être applicable. Il est donc préférable de suivre une référence cohérente avec l’école de sa famille ou de sa mosquée plutôt que de combiner des règles issues de sources différentes.
Quand l’application, le calendrier et l’école juridique ne s’accordent pas sur l’heure d’Asr ou de Fajr
Un point souvent source de confusion : les horaires de prière affichés peuvent différer d’une application à l’autre, et l’heure d’Asr est particulièrement concernée. Les deux principales positions sont celles de l’école shafi’ite (Asr débute quand l’ombre d’un objet est égale à sa hauteur plus l’ombre au méridien) et de l’école hanafite (Asr débute quand l’ombre est deux fois la hauteur de l’objet). L’écart peut atteindre plusieurs dizaines de minutes selon la saison et la latitude.
L’heure de Fajr présente une difficulté similaire. Les méthodes de calcul astronomique de l’aube (angle de dépression solaire utilisé) varient selon les organisations islamiques de référence. Un calendrier basé sur une convention de 18° ne donnera pas le même Fajr qu’un calendrier basé sur 15°.
La règle pratique à retenir : vérifier quelle méthode de calcul utilise l’application ou le calendrier de sa mosquée, et ne pas comparer deux sources qui appliquent des conventions différentes. L’important est la cohérence interne, pas la correspondance entre deux outils non harmonisés.
Le cas particulier de la prière Witr
Witr est une prière nocturne surérogatoire accomplie après Isha. Son nombre de rakats fait l’objet de pratiques reconnues différentes selon les écoles. Une méthode consiste à prier deux rakats puis une rakat séparée. Dans l’école hanafite, Witr se prie en trois rakats liées avec des dispositions spécifiques pour la troisième unité, notamment la récitation du qunout. Ces variations ne constituent pas des contradictions mais des positions jurisprudentielles établies.
Mémoriser les rakat : une logique de progression dans la journée
Pour retenir le nombre de rakats sans avoir à consulter un tableau à chaque prière, une observation structurelle aide : Fajr, la prière de l’aube, est la plus courte avec deux rakats. Maghrib, qui ferme la journée solaire, est la seule prière à trois rakats. Dhuhr, Asr et Isha partagent toutes les trois le même format de quatre rakats.
Cette structure n’est pas arbitraire : elle suit une logique de transition entre le début du jour (prière brève), le milieu et la fin de journée (prières longues), et le passage au soir (prière intermédiaire). Fajr = 2, Maghrib = 3, les trois autres = 4 : c’est la formule la plus simple à ancrer.
La distinction entre rakats obligatoires et rakats surérogatoires reste fondamentale pour quiconque apprend la prière. Accomplir les dix-sept unités fards dans leur ordre et leur forme corrects constitue la base. Les sunan viennent ensuite, selon la capacité et la régularité de chacun.

